A travers les monologues des trois personnages congolais qu’il incarne avec brio, Emmanuel Lambert nous emporte dans la tragédie de la production et de l’usage mondial des smartphones, et dans le poème de ce qui devrait nous en libérer.
La fabrication, l’importation et l’usage des outils technologiques ravagent notre planète. Ils tuent enfants, femmes et hommes dans leur chair et dans leur âme, éradiquent les cultures vernaculaires des peuples, les privent de leur autonomie et de leur liberté, détruisent les consciences et les fondements de la paix.
Parmi ces outils, le smartphone règne désormais en maître.
Le Requiem du comédien Emmanuel Lambert s’ouvre au Congo dans la fébrilité du fonctionnement d’une mine de coltan, nous conduit dans une marche tragique à travers le désert en suivant la course du soleil et de ses ombres et s’achève sur des funérailles dans la cour d’un village africain. Incarnant tout à tour une jeune femme en révolte vouée à la prostitution, le cynique directeur de la mine au monologue révélateur auquel elle met fin d’un coup de revolver, un mineur amoureux qui s’attache à ses pas jusqu’à des adieux funèbres dans le soleil couchant, Emmanuel Lambert réussit ce tour de force de nous faire embrasser tout à la fois la réalité mondiale du système de production des smartphones, l’impasse et la vanité de leur usage et le poème de l’amour et de la beauté qui peut leur survivre.
« Avec passion et brio, une claque puissante, poétique et salutaire pour remuer nos (bonnes) consciences. » J-L. André, Le Journal de la rue, Châlons, 2023