A voir en famille dès 8 ans. Au seuil du clown et du théâtre de Beckett, Les Pensées, menées à un train d’enfer par la flamboyante J. Louis-Calixte et l’indispensable M-D. Giancarli, apportent une liberté et une fraîcheur qui nous réconcilient avec le bonheur des choses simples.
Le désordre du monde et des discours qui tentent de le rendre univoque ont engendré un sentiment d’impuissance où l’aventure des pensées est parvenue aux limites de l’absurde. Recourir à la contemplation, au rêve et à l’imaginaire nécessitent une innocence affranchie de la connaissance que la vitesse et les injonctions de notre époque catastrophique rendent de moins en moins possible, même chez les enfants.
A la dérision du clown et à l’art métaphysique du théâtre de Beckett, les scènes dialoguées entre Ida et Paul, les deux personnages des Pensées de Nicolas Doutey, apportent une liberté et une fraîcheur qui nous réconcilient avec le bonheur des choses simples. Dans le passage étonné entre l’immédiateté des pensées et l’attente récurrente mais jamais dénouée d’un troisième larron, entre la formation d’un nuage et les gouttes de sa pluie, entre les fourchettes coincées derrière la cuisinière et l’angoisse d’en demander de nouvelles à la quincaillère, ainsi prennent forme les pensées dans ce jeu de ping-pong verbal auquel le musicien vient prendre part jusqu’à déclencher un concert de fourchettes.
« Mené à un train d’enfer par la flamboyante et superbe Jeanne Louis-Calixte, une authentique révélation et Mikaël-Don Giancarli, dans un rôle qu’il parvient à transcender jusqu’à le rendre absolument nécessaire…. » J.P. Han, Frictions