La Commune débutera le 11 avril, une campagne d’extinction totale de l’éclairage et ce, jusqu’au 21 septembre.
Une Trame Noire, pourquoi ?
L’enjeu principal de cette suppression est d’ordre écologique. En effet, la majorité des espèces vivent la nuit : rapaces nocturnes, papillons de nuit, coléoptères, mammifères… Bien que la plupart soient discrètes et méconnues, celles-ci jouent un rôle primordial pour le fonctionnement des écosystèmes !
Les organismes vivants réagissent différemment à la lumière artificielle en fonction des espèces : « Certaines y sont attirées, c’est le cas des insectes qui subissent une prédation très forte ou s’épuisent jusqu’à la mort en tournoyant au-dessus des lampadaires« . D’autres espèces sont repoussées par l’éclairage afin d’éviter d’être vues (rongeurs, chauvesouris…) et subissent une dégradation et une diminution de leurs habitats.
Tous les groupes d’espèces sont impactés : des rapaces nocturnes jusqu’aux insectes en passant par les amphibiens ou encore la flore.
Prenons par exemple les plantes : la majorité des plantes étant pollinisées la nuit, les papillons nocturnes, piégés en hauteur par la lumière artificielle n’assurent plus leur rôle de pollinisation et de fait, diminuent drastiquement la création de graines et de fruits pour les végétaux. Les rapaces nocturnes, quant à eux, profitent des secteurs éclairés pour chasser, parfois à proximité immédiate des routes où ils peuvent voir davantage leurs proies. Cependant, il est très régulier qu’ils soient éblouis par des phares de voitures, puis écrasés par la suite. La lumière artificielle a donc un impact indirect sur les collisions routières.
Les espèces nocturnes sont actives juste après le coucher du soleil et avant le lever du jour, là où la faible luminosité permet de voir sans être vu. Au cœur de la nuit, l’activité est calme. Il est donc nécessaire, pour favoriser la biodiversité, d’éteindre sur les horaires les plus impactantes.
Et à terme ?
Les actions mises en place par la Commune permettront de favoriser la présence des espèces nocturnes (Chouette hulotte, Effraie des clochers, Lucioles, Carabes, Crapaud épineux…), de diminuer les collisions routières ou encore de créer des couloirs nocturnes entre plusieurs zones naturelles, permettant ainsi le déplacement de la faune.
Elle permettra aux citoyens de se réapproprier un environnement nocturne de qualité, de contempler les étoiles en plein centre-bourg ou encore de rétablir un cycle du sommeil naturel (alternance jour/nuit), bénéfique pour la santé humaine.