Une rencontre entre l’écriture instantanée et la danse improvisée pour explorer leurs liens dans un nouveau langage, avec Babouillec, autrice non verbale, et Félicien Fonsino qui accorde sa grâce à la sienne dans ce duo sensible mis en scène par Léna Paugam.
Si, dans la Genèse, «au commencement était le verbe»,alors qui pouvait l’entendre avant l’atmosphère qui propage les sons,avant les créatures qui parlent ?
Babouillec, autrice non verbale, dite «autiste», est au début du monde. Sa langue remue dans son crâne. C’est une pensée qu’aucun discours ne peut soumettre à la séduction d’un auditoire et quand sa main pioche dans l’alphabet pour poser les images des lettres sous nos yeux,elle compose des poèmes dont on croirait qu’ils tombent du ciel alors qu’en fait elle nous les montre où ils sont dans le grand livre de la création qui nous échappe.
Cet effort considérable, hors du temps, sans prise avec l’organisation de nos affects, destitue le corps de son empire sur le monde.
Dans l’instant suspendu du théâtre, Félicien Fonsino vient à sa rencontre. Il danse Babouillec, il l’improvise dans sa lumière secrète, elle, l’aérolithe au feu rentré dont les fissures écrivent des lettres aussi rouges que le sang qui nous est commun. Au commencement était le coeur et il n’y avait de fin que lorsqu’il cesserait de battre.
« Autiste et poète, Babouillec fait ses premiers pas sur scène sous le regard juste et délicat de Léna Paugam. À ses côtés, Félicien Fonsino accorde sa grâce à la sienne dans un duo sensible où le mouvement des corps répond à l’écriture poétique » Marie Plantin, Scèneweb
